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REGISTRES D
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le Roy monsr mon filz d'Anjou (2', son frere, qu'il y faict son Lieutenant general, lequel il accompa­gnera si bien, que la clarté qui sortira du rayon de vostre soleil dissipera toutes les nuées qui vous pourroient apporter quelque umbre durant nostre eslonguement, oultre ce que nous y avons et près et loing tousjours l'œil si ouvert que vous n'aurez occa­sion de craindre moins de repos que vous en avez et que je vous desire; priant Dieu, Mess", vous avoir en sa garde. Escript à Roussillon, le xix" jour de Juillet i564(3>.r,
Signé : CATHERINE.
Et au dessoubz : de L'Aubespine.
lectres la bonne volunté quc vous avez, continuant vostre affection, de secourir le Roy mons' mon filz des deniers dont vous avez entendu par ses der­nieres lectres qu'il a besoing »'', et vous prie ne vous en reffroidir, estant asseurez que ne luy scauriez faire service en affaire plus necessaire et impor­tante, et au demeurant ne prendre umbre des bruitz qui se sement d'assemblées dommageables, et croire que, ayant Paris pour la plus chere chose de ce royaulme, nous esclairons à ce qu'il luy pour­roit estre prejudiciable, et Dieu mercy, avons telle asseurance des grandz que vous n'en debvez estre en peine. Et pour favoriser davantage vostred. Ville et les provinces de delà, vous envoyé presentement
DCXLII. — Requeste presentée à Mess"5 par
26 juillet 1564. (H
Le mecredy, xxvic jour de Juillet v° Ixim, maistre François de Vigny, Receveur de la ville de Paris, nous a presenté certaine requeste, dont la teneur ensuict :
A Messieurs Jes Prevost des Marchans et Eschevins,
Conseillers, Quarteniers
et bourgeois de la ville de Paris.
"Françoys de.Vigny, Receveur de lad. Ville, vous remonstre, comme il soit ainsi que, depuis trente ans en ça, il se soit employé au faict de la con­duicte de la recepte des deniers et despence du do­maine, dons et octroyz el de ceulx destinez au payement des rentes constituées sur lad. Ville, tant soubz feu maistre Philippes Macé, jadis Receveur d'icelle Ville, que depuis qu'il a esté pourveu dud. office de Receveur par ia resignation dud. Macé, huict ou neuf ans a, or est-il que, à present, les charges et affaires sont tellement augmentées et plus que doublées, que sans avoir secours et ayde il ne pourroit à l'advenir avec telle diligence et pronipti-
mb François de Vigny, Receveur de la Ville.
i784, fol. 248 r°.)
tude expedier les assignez qui ont affaire à luy, comme il le desire ; ayant pour ceste occasion ad­visé prendre le secours d'ung sien filz nommé François de Vigny, lequel, depuis led. temps de huict ou neuf ans, il l'a en ce instruict en intention de le faire succeder oud. office par une resignation à survivance, retenant toutesfois à luy le total exer­cice, gouvernement et administration dud. office, sa .vye durant. A ceste cause, led. de Vigny, Rece­veur, vous supplie de recevoir et admectre lad. re­signation qu'il faict de sond, office de Receveur, à la survivance de luy et de sond, filz, retenant à luy, comme dict est, le total exercice et administration, sa vie durant, sans ce que par le trespas dud. sup­pliant ou de sond, filz led. office puisse estre dict et declairé vacant ou impetrable, en quelque ma­niere quc ce soit, ains que le survivant d'eulx deux jouyra dud. office ; et en ce faisant seront tous deulx de plus en plus affectionnez et obligez à faire service à lad. Ville et au public et à vous, Mes­sieurs, n
Ainsi signé : de Vigny.
(" Catherine de Médicis rappelait au souvenir de l'Échevinage une nouvelle aliénation de 76,000 livres de rente que le Roi négociait en ce moment avec la ville de Paris.
(2) Alexandre, duc d'Anjou, fils favori de Catherine de Médicis, alors âgé de treize ans, qui devint plus tard roi sous le nom de Henri Ul, se disposa en effet dès le mois d'août à se mettre en route du côté de l'Ile-de-France; d'après le journal de Bruslard (Mé­moires de Condé, t. I, p. i48), il fit prier sans succès les habitants d'Orléans d'interrompre leurs prêches, lorsqu'il passerait par leur ville pour se rendre au bois de Vincennes; mais son voyage fut différé, car vers la fin de novembre il écrivait de la Cour, ou plutôt signait une lettre, à François de Montmorency, où il lui exprimait sa satisfaction du bon ordre qui régnait à Paris. (Mémoires de lu Société de l'Histoire de Paris, t. III, p. a43.) Ce n'est que le io janvier qu'on le trouve installé à Meudon, où il reçoit les cardinaux dè- Lorraine et de Guise.
f1) M. de la Ferrière ne fait aucune mention de cette missive dans son recueil des Lettres de Catherine de Médicis.